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CYCLE DE SIGURDR
(résumé du texte Scandinave)







La malédiction initiale :


Odinn, Hoenir, et Loki, trois grands dieux scandinaves sont en voyage. Loki chasse et tue une loutre. Il s’agissait en réalité du nain Otr métamorphosé pour pêcher. Le roi Hreidmar père de Otr réclame réparation. Il faut payer. Pour se procurer l’or nécessaire, Loki contraint le nain Andvari à lui remettre son trésor. Réduit à merci, Andvari s’exécute, mais il lance une malédiction :


« Cet or-ci
Que possédas Gustr
Mènera à la mort
Deux frères
Et huit princes
A la guerre ;
De mon or
Nul ne jouira. »



Sitôt Hreidmar en possession de l’or, ses deux fils restant, Reginn et Fafnir exigent leur part du trésor. Hreidmar refuse, ses fils l’assassinent et s’emparent de l’or. Mais Fafnir garde tout pour lui et se transforme en dragon pour protéger son or.


Quatre à cinq générations passent remplies de nombreux meurtres et batailles. Trois clans sont présents :

  • Les Ylfingar ou descendants du Loup
  • Les Völsungar ou descendants du Cheval
  • Les Hundingar ou descendants du Chien


Les rois Francs de la période des grandes migrations nous sont décrits comme des descendants du dieu Odinn. Sigurdr un des principaux héros de l’épopée est censé être un descendant de ces rois Francs.


Helgi, demi-frère de Sigurdr, épouse uneWalkyrie: Sigrun. Le frère de celle-ci tuera Helgi grâce à la lance prêtée par Odinn : Sigrun se lamente et veux se faire ensevelir avec lui :


« Je veux embrasser
Le roi trépassé
Avant que tu n’ôtes
La cotte de maille sanglante ;
Ta chevelure, Helgi,
Est couverte de givre,
Le chef est recouvert
De la rosée des occis,
Les mains sont glacées
Du gendre de Högni,
Comment porter, Ô prince,
Remède à tout cela ? »



……(plus loin) :
Je veux entre tes bras,
Ô prince, dormir,
Comme je l’eusse fait
Du vivant du héros !

(Helgi chanta ) :
A présent je proclame que rien
Ne me manque
Tard le soir ou tôt le matin,
A Sevafjöll,
Puisque entre les bras
Du trépassé tu dors,
Femme au teint blanc, dans le tertre,
Fille de Högni,
Et tu es vivante,
Femme de royale naissance !



On dit que Sigrun et Helgi se sont réincarnés.
Sinfjötli, frère de Helgi est tué. Son père le porte dans ses bras sur la berge d’un fjord. Odinn en personne, déguisé en passeur vient chercher le corps.


Sigurdr :


Naissance de Sigurdr. A l’adolescence, son oncle maternel Gripir lui prédit son avenir et son destin ultime et inéluctable.
Sigurdr parcours le monde. A la cour du roi Alfr, Sigurdr rencontre Reginn, le forgeron magicien. Reginn fabrique Gramr, l’épée avec laquelle il encourage Sigurdr à tuer Fafnir le dragon, frère de Reginn (retour au parricide et au fratricide initial, malédiction de l’or ).
Sigurdr va d’abord venger son propre père Sigmundr et son grand-père Eylimi assassinés dans une vendetta par les fils de Hundingr (les Hundingar ).

Puis il s’occupe de Fafnir le dragon, le tue ainsi que Reginn frère de Fafnir, qui s’apprétait à le trahir pour s’emparer du trésor. Sigurdr a goûté au sang du dragon ce qui lui permet maintenant de comprendre le langage des oiseaux. Il possède également le trésor maudit.
Sigurdr se rend au pays des Francs. En chemin il rencontre et conquiert l’amour de Brynhildr la Walkyrie qui lui apprend les runes et la sagesse ( la magie et la poésie ).


« Alors Sigurdr entendit les mésanges dire :

Va chercher, Sigurdr,
Les anneaux rouges ;
N’est pas digne d’un roi
De concevoir des craintes !
Je sais une vierge,
De beaucoup la plus belle,
D’or adornée,
Si tu peux l’obtenir.
Mènent chez Gjùki
De vertes routes,
Le destin montrera la voie
Au voyageur ;
Là, le roi altier
A engendré une fille,
C’est celle-là, Sigurdr,
Que tu demanderas.

Une halle se tient sur la haute
Montagne de la biche,
Elle est à l’extérieur
De feu toute cernée ;
Elle fut par de sages
Hommes construite
Avec la plus pure
Lumière de terreur.

Je sais sur la montagne
La guerrière dormant,
Joue au-dessus d’elle
Le danger du tilleul ;
Yggr la piqua d’une épine :
La femme lui avait voué
D’autres Guerriers
Que ceux qu’il voulait. »



Ils se promettent de devenir mari et femme. Sigurdr repart et arrive au pays des Francs à Hlymdalar chez le roi Gjuki, la reine Grimhildr est magicienne. Après avoir fait boire à Sigurdr un filtre d’oubli, elle le convainc d’obtenir pour son fils Gunnar la main de Brynhildr. Grâce à la magie de Sigurdr, tout se passe selon ses plans, Gunnar épouse Brynhildr et Sigurdr épouse Gudrun la sœur de Gunnar.
Mais à la faveur d’une dispute entre les deux femmes, toute la vérité éclate. Brynhildr réclame la mort de Sigurdr.
Gunnar hésite car il a prêté serment de fidélité a Sigurdr. Son frère Högni, lui parle en ces termes :


« Högni cette seule
Réponse fit :
Point ne nous convient
D’accomplir telle chose,
Par l’épée rompre
Les serments jurés,
Les serments jurés,
La foi professée.

Nous ne savons pas sur terre
Hommes plus heureux
Tant que nous quatre
Gouvernons le peuple
Et que celui-là vit, le Hun,
Le Baldr de l’armée,
N’y a point sur terre
Plus illustre alliance,

Si nous, les quatre fils,
Vivons longtemps
Et savons accroître
La noble famille.

Je sais bien
D’où vient la cause :
Les exigences de Brynhildr
Sont excessives. »



Mais un autre frère Guthormr qui n’a rien juré, tue Sigurdr et s’empare du trésor. Son corps est brûlé sur un bucher funéraire selon la coutume païenne. Brynhildr se suicide en se jetant dans les flammes du bucher de celui qu’elle aimait, mais dont elle a sciemment provoqué la mort. Gudrun, veuve de Sigurdr reste inconsolable de la perte de son mari.


























































































































DEBUT DU CHANT DES NIEBELUNGEN
(résumé du texte allemand)

Siegfried est déjà un chevalier très riche et très renomé. Il se rend à Worms sur le Rhin, la capitale des Burgondes, dans l’intention d’épouser Kriemhilde la soeur du roi Günther. Siegfried est facilement accepté à la cour, il participe rapidement à une campagne militaire contre les Saxons où il s’illustrera plus que tout autre :

« C’est ce magnifique héros qui, grâce à sa vaillance les a réduits à merci, pour le plus grand préjudice du roi Lüdegast et de son frère, Lüdeger, roi du pays Saxon. Ecoutez maintenant, très noble et auguste reine, ce que j’ai à vous dire :

Tous deux ont étés réduits à merci par Siegfried.
Jamais l’on a amené en ce pays autant de prisonniers
Qu’il en arrive aujourd’hui, grâce à lui, aux bords du Rhin. Aucune nouvelle n’aurait pu être plus agréable à Kriemhilde. »

Günther décide d’épouser Brünhilde, une reine Islandaise qui pratique les arts de la guerre. Il sollicite l’aide de Siegfried en échange de la main de Kriemhilde. En Islande, Siegfried réussi à obtenir la main de Brünhilde en faveur de Günther grâce à un manteau magique qui lui permet de prendre l’apparence de Günther. Mais les Burgondes sont inquiets pour leur sécurité, Siegfied retourne chez lui chercher un renfort de mille hommes: les Niebelungen (première apparition des fameux Niebelungen).



Les deux héros reviennent à Worms accompagnés de Brünhilde et de toute leur troupe:

«Quand les gens venus d’Islande se furent embarqués,
ainsi que les Niebelungen, guerriers de Siegfried, ils se hâtèrent, en faisant force de rames, afin d’aborder dans le pays où, sur la rive d’en face, se tenaient les amis du roi.

Et maintenant écoutez aussi comment Uote, la très riche reine, emmena ses suivantes depuis le château jusqu’à l’endroit où elle se rendait elle-même à cheval. A cette occasion nombre de chevaliers et de jeunes filles firent connaissance les uns avec les autres.

Le duc Gere menait par la bride le cheval de Kriemhilde; mais il ne la conduisit que jusqu’au portail du château. C’est Siegfried, le vaillant chevalier, qui dut se mettre à son service pour la guider plus loin. C’était une dame de grande beauté. Siegfried fut plus tard bien payé de sa peine par la jeune fille.»

Günther épouse Brünhilde et Siegfried épouse Kriemhilde, les deux mariages sont célébrés en même temps. Durant le festin qui suit, Brünhilde ne supporte pas d’être traitée à égalité avec Kriemhilde (c’est le début d’une rivalité qui sera la cause de tout le drame). Pour se venger, elle se refuse à son nouvel époux. Celui-ci, comme en Islande, en appelle à Siegfried qui grâce à son manteau magique, prend l’apparence et la place de Günther dans la couche de celui-ci auprès de la nouvelle reine. Il réussi bien sûr à obtenir ses faveurs sans toutefois consommer l’acte d’amour avec elle (!?). Au matin chacun se sépare satisfait : grâce à Siegfried, Günther a retrouvé la tendresse de Brünhilde et Siegfried retourne dans son pays de Niebelung accompagné de Kriemhilde, sa fraîche épousée. Le temps a passé, chacun règne en son pays. L’épouse de Günther ne rêve que d’une seule chose: faire venir Siegfried et Kriemhilde à Worms afin qu’ils lui manifestent leur vassalité:

«Or l’épouse de Gunther ne cessait de se demander :
Comment dame Kriemhild peut-elle montrer tant d’orgueil? Car enfin Siegfried, son époux, est notre serf : depuis bien longtemps il ne nous a rendu aucun des services qu’il nous doit.

Telles étaient les pensées qu’elle portait en son cœur; Elle les gardait secrètes. Sa rancœur était amère de constater que Siegfried et Kriemhild ne venaient jamais la voir et que le pays de Siegfried lui rendait si rarement le tribut de ses services. A quoi cela pouvait-il tenir? Elle aurait aimé qu’on le lui dît. »

Elle n’a aucune difficulté à obtenir de son mari qu’il invite son beau-frère et ami à une grande fête. Au cours de cette fête, l'orgueil de Brünhilde va provoquer une violente querelle entre les deux reines et Kriemhilde révèle la vérité à Brünhilde sur la fameuse nuit passée avec Siegfried sous l’apparence de Günther.

L'outrage est énorme, la haine éclate, l'orage va se déchaîner. Hagen, un baron de Günther qui guette depuis longtemps l'or de Siegfried, propose à Brünhilde de laver l'outrage qu'elle a subi en assassinant Siegfried :

« Il lui demanda ce qu’elle avait : il l’avait trouvée
tout en larmes. Elle lui dit ce qui s’était passé. Il lui promit sur l’heure que l’époux de Kriemhilde en serait châtié ou que sinon lui-même ne connaîtrait plus jamais de joie en cette vie.

Giselher, fils de la noble reine Uote vint également se joindre à eux : Très valeureux chevaliers, pourquoi agir ainsi ? Siegfried n’a jamais mérité une telle haine qu’il dût en perdre la vie. C’est pour une vétille que les reines se disputent.

Le roi lui-même prit alors la parole : Nous n’avons jamais eu de lui que bienfaits et honneurs ; il faut lui laisser la vie. A quoi me servirait de témoigner maintenant de la haine à ce héros ? C’est de grand cœur qu’il s’est toujours montré loyal envers nous.

Le roi dit : s’il s’apercevait de quelque chose, personne ne pourrait se hasarder à l’attaquer. Hagen répondit : vous n’avez qu’à garder soigneusement le silence. Je me fais fort d’arranger en secret les choses de telle sorte que les larmes de Brünhild seront sa perte. Désormais Hagen sera toujours son ennemi. »

Malgré la réticence d’un frère de Günther et de certains de son entourage, le meurtre est décidé. Mais le faible Günther se refuse à commettre l'acte lui-même, qu'importe, Hagen s'en chargera de bon cœur. Au cours d'une chasse, il plante son épieu dans le dos de Siegfried. Une grande messe sera célébrée pour ses funérailles par ceux-là même qui l'ont fait assassiner. De surcroît, Hagen et Günther s'emparent de l'or de Siegfried, le trésor des Niebelungen, ainsi Kriemhilde est dépouillée par son frère qui est aussi le responsable du meurtre de son époux.
Kriemhilde restera inconsolable de la perte de son époux, mais elle connaît les coupables et va longuement préparer sa vengeance.

« Elle dit : Messire Sigemund, ajournez ce dessein
jusqu’à une meilleure occasion ; et alors je serai toujours prête à venger mon époux avec vous. Quand je connaîtrai de façon sûre celui qui me l’a ravi, je saurai bien causer sa perte. »






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