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Sanctuaires ruraux du Haut-Empire



Etude réalisée par le service régional de l'archéologie (DRAC)

Les sanctuaires ruraux du Haut-Empire semblent le plus souvent perpétuer des pratiques de l'Âge du Fer. Les lieux de culte celtiques continuent en effet à être utilisés sans qu'on puisse déceler de rupture brutale, ce qui laisse supposer une assez grande similitude entre pratiques religieuses gauloises et romaines : les dieux respectifs des deux peuples ne tarderont d'ailleurs pas à se fondre dans un nouveau panthéon, devenant en quelque sorte des " divinités métisses ", gallo-romaines à part entière, selon un phénomène d'assimilation remarquable. Les fouilles montrent à la fois l'évolution des rites et le développement progressif des structures : des temples en pierre, en latin fanum, remplacent peu à peu les constructions indigènes en bois.

Photographie aérienne du sanctuaire de Nanteuil-sur-Aisne.
Photo Bernard Lambot AAREA
Dépot votif d'objets de céramique du sanctuaire de Baâlons-Bouvellemont
(fin du second âge du fer).
Photo Bruno Squevin
A Baâlons, par exemple, le sanctuaire gaulois se transforma au I° siècle en se parant de trois nouveaux bâtiments en dur constitués chacun d'une simple salle consacrée au culte, en latin cella de 5 mètres sur 3. Ils étaient entourés d'une vaste zone de dépôts rituels organisés en trois catégories d'offrandes : une énorme quantité de poteries le plus souvent intactes (plus de 1700), vraisemblablement fabriquées sur place dans une officine spéciale et destinées à la vente aux pèlerins ; près de 700 monnaies dont les deux tiers sont gauloises; des armes réelles ou miniatures, en particulier pointes de flèches et de lances.

Armes votives miniatures du sanctuaire de Mouzon.
Photo Pascal Stritt.
Fibules du sanctuaire de Mouzon.
Photo Pascal Stritt.
A Mouzon, les fouilles ont également mis en évidence la remarquable continuité d'utilisation du sanctuaire ainsi que la complexité du site. Dès l'époque augustéenne est bâtie une première petite cella en dur d'un peu plus de 17m² à l'emplacement d'une construction primitive en matériaux périssables ; deux espaces pavés en forme d'anneaux sont aménagés devant et derrière ce bâtiment. Le tout est entouré d'un mur délimitant un vaste espace rectangulaire. Plus tard, c'est un ensemble de trois nouveaux temples qui est édifié à proximité, sans doute dédié à une triade divine ; il est entouré d'une allée dallée de forme elliptique.

Sanctuaire de Mouzon. Vue générale.
Photo Pascal Stritt.
Tête de statuette du sanctuaire de Mouzon.
Photo Pascal Stritt.
Le sanctuaire de Mouzon "Les Flaviers" peut se visiter, mais l'essentiel du matériel archéologique est au Musée de l'Ardenne à Charleville

Enfin, au II° siècle, on constate une extension importante de l'espace cultuel avec un nouveau temple plus grand (sa cella, décorée de murs peints, mesure 7,25 sur 6,5 m) ; bordé à l'arrière d'un portique à colonnades supportant une couverture de tuiles, il est lui aussi installé au milieu d'une surface dallée, mais cette fois rectangulaire, qui n'est pas sans faire penser à un podium, sorte de plate-forme, sur lequel se dresse le temple de type gréco-romain. Des offrandes variées et en très grand nombre témoignent de la fréquentation assidue de ce lieu de culte. Un charnier atteste de la pratique de l'immolation d'animaux, chèvres et porcs dans un premier temps, puis taureaux, les trois victimes traditionnelles du sacrifice classique appelé à Rome " suovetaurile ". Dans les Ardennes toujours, les communes de Château-Porcien, Nanteuil-sur-Aisne, Roisy, et Vendresse ont également livré des vestiges de sanctuaires, ce qui fait de ce département de la région le plus documenté dans ce domaine.
Sanctuaire de Vendresse en cours de fouille.
Photo Christophe Laurelut.

Texte tiré de : "Traces, Strates, Archéologie en Champagne-Ardenne"
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