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Tombe à char de Semide (second âge du fer)

Travaux réalisés par l' Association Ardennaise de Recherches et d'Etudes Archéologique

Depuis le XIX° siècle, plus de 180 tombes à char de l'âge du fer ont été répertoriées dans la région Champagne-Ardenne. Ces tombes sont caractéristiques des sépultures de l'aristocratie militaire ou économique au pouvoir. Peu d'entre elles nous sont parvenues intactes car elles ont été régulièrement visitées et pillées et ce dès l'origine : déjà à l'époque celtique en effet, des "spécialistes " venaient y récupérer les armes, les bijoux et aussi surtout les chars. La récente découverte de Semide, dans le sud des Ardennes, a permis de constater la présence d'une fosse rectangulaire de grandes dimensions aménagée en véritable chambre funéraire, aux parois tapissées de planches, où le char était déposé intact pour porter une dernière fois son propriétaire en habits de parade.

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        Tombe à char de Semide.
        Sous un tertre de terre, au centre d'un enclos circulaire,
        une fosse rectangulaire de 4,84 m sur 3,08 m, dans laquelle
        a été construite une chambre funéraire en bois. A l'intérieur
        se trouvait le char sur lequel reposait le corps d'un enfant
        d'une dizaine d'années (second âge du fer).
        Image Jean-René Chatillon.
        Tombe à char de Semide.
        Des vases et des écuelles contenant des offrandes alimentaires
        (boeuf, mouton et volailles) étaient disposées autour du char.
        Des harnachements de chevaux (mors, disques en bronze
        richement décorés avec boutons de corail) étaient également
        posés sur le sol (au premier plan). La tombe a été pillée peu
        après l'inhumation et les voleurs ont emporté le char et d'autres
        objets de valeur, après avoir percé le toit en bois de la chambre
        funéraire. (second âge du fer).
        Image Jean-René Chatillon.

Au-delà des caractéristiques communes à ces monuments funéraires (luxe exceptionnel de l'équipement finement décoré et abondance des offrandes), l'archéologue moderne s'intéresse tout particulièrement à la technique de construction des chars et surtout aux différentes pièces du harnachement des chevaux. Des reconstitutions fidèles ont ainsi pu être proposées. Il en ressort que les Celtes, et en particulier en Champagne-Ardenne, étaient passés maîtres en ce domaine. Les Romains d'ailleurs, à travers leur littérature, ont unanimement reconnu les talents des Gaulois en ce qui concerne l'art du charronnage. Ces tombes de guerriers contiennent tout naturellement des armes ; en cela elles contribuent largement, avec les autres sépultures masculines, à retracer l'évolution de l'équipement militaire des Celtes tout au long des 5 derniers siècles avant notre ère. Dans une première phase, il apparaît que seule une faible partie de la population (5 à 10%) est enterrée avec des armes. Il s'agit essentiellement de fers de lances ou de javelots ; les épées sont rares et leur longueur varie de 40 à 80 cm. Au IV° siècle, si ces armes de jet restent très majoritaires, l'épée devient systématique et ses dimensions se standardisent ; son fourreau est richement décoré. La panoplie est parfois complétée dans les tombes à char par un casque, comme à Berru, Somme-Bionne ou Châlons-en-Champagne. Puis vient le temps où les Celtes font trembler par leurs raids, l'Europe méditerranéenne. On retrouve dans les nécropoles champardennaises l'équipement type de ces redoutables soldats, qui se compose d'une épée, d'une longue lance et, fait nouveau, d'un bouclier dont il ne subsiste que l'umbo, c'est à dire la pièce métallique fixée, à l'extérieur et au milieu, pour protéger la main du combattant. Ce n'est qu'au cours du siècle précédant la conquête romaine qu'une dernière évolution se produit, qui voit l'épée s'allonger considérablement pour atteindre jusqu'à 90 cm ! Les fers de lances gagnent eux aussi en longueur, tandis que les javelots se font plus nombreux. Tous ces indices attestent que les Gaulois combattent désormais à cheval, ce que confirment d'ailleurs les sources historiques : la cavalerie celtique fut bien l'élément le plus virulent qu'eurent à affronter les légions de César lors de la guerre des Gaules.

Toutes les images de synthèse ont été réalisées par Jean-René Chatillon.
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Texte tiré de : "Une tombe à char de La Tène ancienne à Semide"


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