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Habitat de l'âge du fer à Vendresse.

II° siècle av. JC-I° siècle après JC.


Travaux réalisés par le service régional de l'archéologie (DRAC)


A Vendresse, c'est l'exploitation intensive d'une carrière qui est à l'origine d'une opération de fouilles de sauvetage d'une zone longtemps fréquentée par l'homme. Apparemment visité dès la préhistoire, ce site a été systématiquement habité de l'âge du fer aux débuts de l'époque gallo-romaine ; il est situé sur les bords de la Bar (petit ruisseau affluent de la Meuse) dont la modeste largeur aujourd'hui est sans commune mesure avec son ancienne vallée qui s'étendait sur près de deux kilomètres. Pour les phases celtiques, correspondant vraisemblablement à l'installation d'un habitat permanent, on est frappé par la forte structuration des lieux, avec en particulier, à la fin du II° siècle avant notre ère, la présence d'un enclos central délimité par un fossé, dont il est encore malheureusement impossible à ce jour de préciser le rôle et la nature exacte. Les traces d'un chemin contemporain longent un de ses cotés. Dans ce secteur sont concentrés de nombreux trous de poteaux, indices de constructions disparues, ainsi que quelques silos et fosses diverses, toutefois en nombre limité par rapport aux autres sites étudiés en Champagne-Ardennes. Mais l'intérêt majeur de Vendresse réside incontestablement dans l'excellent état de conservation des éléments de bois restés en place, grâce à leur enfouissement en milieu très humide, si humide d'ailleurs qu'il semble bien que ses occupants aient dû abandonner définitivement les lieux dans la première moitié du I° siècle Ap. JC, pour causes d'inondations systématiques sans doute liées en partie à une forte remontée de la nappe phréatique.

Bassin de rouissage, au plancher de bois, de l'habitat de Vendresse.
Le rouissage consiste à séparer les fibres textiles des tiges végétales
(lin, chanvre ou comme ici ortie) en les maintenant dans l'eau.
(second âge du fer). Photo Christophe Laurelut
Bâtiment de stockage à 14 poteaux de l'habitat de Vendresse,
l'état de conservation du bois dans les trous de poteau y est exceptionnel
(second âge du fer). Photo Christophe Laurelut

L'étude dendrochronologique a porté sur près de 300 échantillons. Il en ressort clairement que c'est le chêne qui était majoritairement employé pour les diverses constructions, ce qui n'est guère surprenant si l'on considère ses qualités remarquables de dureté, de solidité et de résistance ; peut-être aussi était-ce tout simplement l'espèce la mieux représentée à proximité. Outre des indications très précises sur leur datation (essentiellement de 180 Av. JC à 63 Ap. JC) , l'étude des vestiges des poteaux, réalisée dans un laboratoire spécialisé en Allemagne, permet d'affirmer que les arbres étaient abattus à l'aide de haches à large tranchant, puis façonnés avec des herminettes. Les techniques de travail ne montrent pas de signes d'évolution notoire entre les époques gauloises et gallo-romaines. Quant à l'environnement du site à l'âge du fer, on peut s'en faire une idée en observant la circonférence moyenne d'une série importante de troncs coupés à l'âge de 90 ans environ , qui est de l'ordre de 54 cm, alors que les chênes actuels n'en mesurent que 32 ; ces arbres ont par conséquent dû bénéficier de conditions naturelles très favorables, à proximité du cours d'eau et sur des sols alluvionnaires riches, et se développer librement, isolés et sans gêne, dans un sous-bois clairsemé représentant le dernier stade d'évolution d'une forêt primitive soumise à une exploitation pastorale intensive.

Poteau de bois gardant des traces de travail à l'herminette à Vendresse
(second âge du fer). Photo Christophe Laurelut


Texte tiré de : "Traces, Strates, Archéologie en Champagne-Ardenne"

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